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Être ou Avoir ? La question des valeurs

Être ou Avoir ? La question des valeurs

> L’un des apports majeurs de Gandhi est d’avoir développé des principes et des méthodes dont il a lui-même testé la validité dans sa vie quotidienne et dans ses combats pour l’indépendance de son pays. Comment, par exemple, expliquer plus simplement le concept de « désobéissance civile » qu’en présentant l’épisode de La marche du sel ? Le leader indien affirmait : « Il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais il n’y en a pas assez pour satisfaire la cupidité de chacun ». Il faut bien admettre que le désir de possession sans limite relève de l’addiction. Et les conflits du monde trouvent souvent leur origine non dans le manque de ressources matérielles, mais dans l’égoïsme, la peur et la soif de domination... L’avoir se conjugue davantage avec la compétition et l’autoritarisme qu’avec la coopération et la solidarité.

> Selon les Nations Unies, il suffirait de 50 milliards de dollars supplémentaires par an pour régler les problèmes de faim et de santé des habitants de cette planète. Cette somme paraît dérisoire au regard de ce qui est consacré, chaque année dans le monde, à la publicité, à la drogue ou aux ventes d’armes. Comme le souligne Patrick Viveret « On est incapable de trouver 50 milliards de dollars pour des besoins premiers et capables d’en trouver dix fois plus pour créer artificiellement du désir par la publicité... en faisant croire de façon mensongère que l’accès au bonheur passe par la nature des marchandises que l’on vous propose. » (1)

> « La guerre, écrivait le Général de Bollardière, n’est que la pitoyable réalité des relations entre les hommes, le signe meurtrier et fracassant de leur impuissance, l’expression aberrante de leur misère » (2). La satisfaction des besoins de tous ne sera possible que dans le reconcement aux logiques de guerre et dans l’élaboration de projets qui intègrent toutes les dimensions : individuelle, collective et environnementale. Certes, cette adaptation à soi-même, aux autres et au monde ne peut s’opérer qu’à travers de multiples changements, mais c’est la condition nécessaire à la construction d’un développement réellement « durable » qui réponde aux besoins d’humanité, de paix et d’intelligence collective.

> Une société basée sur la valeur marchande et la domination d’une minorité prépare davantage à l’obéissance qu’à l’expression des besoins et des émotions (3). Au contraire, une société qui place l’Homme au cœur de son projet favorisera l’empathie, la coopération et les méthodes de gestion non-violente des conflits. Cela suppose de nouveaux apprentissages : apprentissage de l’intelligence émotionnelle, de la communication non-violente, de la coopération, de la négociation, de la médiation... Nombreux sont celles et ceux qui, d’ores et déjà, partagent cet enjeu vital : donner la priorité à l’être sur l’avoir.

(1) Réflexions sur la notion de « développement », Patrick Viveret, décembre 2004 (site Ritimo). (2) Bataille d’Alger, bataille de l’homme - Jacques de Bollardière - Ed. Desclée de Brouwer, 1972. (3) Communication et pouvoir - Marshall B. Rosenberg - Ed. Esserci, 2008.

Avec des contributions de Patrick Viveret, Roland Braun, Christian Reynaud, Génération Médiateurs, Jacques Brodeur, Charles Rojzman, Karl-Heinz Bittl, Martin Steffens, et la Chronique-BD de Théa Rojzman.

N°303 - mars-avril 2009, 6 euros. Abonnement : 35 euros (abonnement promo : 28 euros) Commandes en nombre : 5 ex. 25 euros - 10 ex. 42 euros (port inclus) NON-VIOLENCE ACTUALITÉ, BP 241, 45202 Montargis cedex Tél. 02 38 93 67 22. Fax. 02 38 93 74 72. E-mail : nonviolence.actualite@wanadoo.fr Site : www.nonviolence-actualite.org



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